Pendant le confinement...14

  • by 1709827 - mer, 06/05/2020 - 11:00

Thornhill

Thornhill de Pam Smy.

Thornhill, roman graphique en noir et blanc, c’est tout d’abord un bel objet. Couverture rigide, papier épais d’un noir profond y compris sur les bords, sans conteste, il attire l’oeil… et très vite intrigue. Le lecteur pressent un mystère gothique, lourd, pesant de silence avant même l’ouverture...

Et en effet, nous sommes plongés dès les premières pages et par alternance, dans la vie de deux jeunes adolescentes, à deux époques différentes. 1982, Mary jeune orpheline, habite la demeure Thornhill avec les dernières pensionnaires en attente d’adoption. Et très vite le lecteur comprend le drame : Mary au travers de son journal intime, seul échappatoire, relate jour après jour, nuit après nuit, le harcèlement moral et physique dont elle est victime sans toutefois être protégée par les éducateurs.

Ella vit en 2017 en face de ce pensionnat désaffecté. Son genre d’écriture, sa voix est muette, uniquement illustrée en BD sur quelques pages à chaque fois. Mais avec un peu d’observation, le lecteur saisit vite qu’Ella aussi est plongée dans une immense solitude.

Le harcèlement poussé à son paroxysme de l’une et l’isolement angoissant de l’autre, nous plonge dans un thriller dont la fin ne nous laisse pas sans émotions.

Pour l’autrice illustratrice Pam Smy, la création de ce roman est un savant mélange de ses recherches graphiques et artistiques mais également de « rencontres » : celle d’une demeure bourgeois de Cambridge abandonnée dont l’entrée est strictement interdite au public et la description de la maison de maître Thonfield Hall dans le roman « Jane Eyre » de C. Brontë.

Ainsi est né Thornhill.

Elisabeth